Germain-Phion & Jacquemet
Défense des salariés

Congé supplémentaire de naissance : durée et montant

Actualité publiée le 23/06/2026

Congé supplémentaire de naissance : 1 ou 2 mois indemnisés à 70 puis 60 %, dès le 1er juillet 2026. Durée, montant, conditions et délais expliqués.

Un nouveau droit fait son entrée pour les jeunes parents : le congé supplémentaire de naissance. Souvent appelé simplement « congé de naissance », il vient s’ajouter aux congés de maternité, de paternité et d’adoption déjà existants, et permet de prolonger le temps passé auprès de l’enfant tout en bénéficiant d’une indemnisation. Cet article s’adresse aux salariés qui attendent ou accueillent un enfant et veulent comprendre, concrètement, en quoi consiste ce congé, combien de temps il dure, comment il est rémunéré et à quelles conditions ils peuvent en bénéficier.

Commençons par préciser de quoi il s’agit exactement.

Qu’est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?

Le congé supplémentaire de naissance est un droit nouveau, instauré par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Il ne remplace aucun congé existant : il s’ajoute au congé de maternité, au congé de paternité et d’accueil de l’enfant, et au congé d’adoption. Il convient de ne pas le confondre avec l’ancien congé de naissance de trois jours, à la charge de l’employeur, qui continue d’exister par ailleurs sous un nom très proche.

Concrètement, dans les neuf mois qui suivent la naissance de votre enfant ou son adoption, vous pouvez demander à bénéficier de ce congé. Il s’agit d’un congé complet : il ne peut pas être pris sous forme de temps partiel. Vous ne pouvez donc pas étaler l’équivalent de deux mois de congé sur une période de travail réduite ; le congé suspend votre activité pendant toute sa durée.

Reste à savoir combien de temps il peut durer et comment l’organiser.

Combien de temps dure-t-il et comment le prendre ?

La durée du congé supplémentaire de naissance est au choix du parent : il peut durer un mois, deux mois, ou encore deux fois un mois si vous préférez le fractionner. Cette souplesse permet d’adapter le congé à votre organisation familiale et professionnelle.

Sa prise suppose toutefois de respecter un délai de prévenance. Vous devez informer votre employeur au moins un mois avant le début du congé. Ce délai peut être réduit lorsque le congé suit immédiatement le congé de paternité et d’accueil de l’enfant. Prévenir suffisamment tôt permet d’organiser sereinement votre absence et d’éviter les difficultés avec votre employeur.

Une fois la durée et le calendrier connus, la question la plus concrète reste celle de la rémunération.

Combien serez-vous payé pendant ce congé ?

Pendant le congé supplémentaire de naissance, vous n’êtes pas rémunéré par votre employeur mais indemnisé par la sécurité sociale. Le montant de cette indemnisation est dégressif : il correspond à 70 % du salaire de référence pour le premier mois, puis à 60 % du salaire de référence pour le second mois.

Cette indemnisation n’est toutefois pas automatique. Pour y avoir droit, vous devez remplir les conditions ouvrant droit aux indemnités journalières, ce qui suppose notamment de justifier d’au moins six mois d’affiliation à la sécurité sociale à la date de début du congé. Si cette condition n’est pas remplie, le congé peut rester ouvert dans son principe, mais l’indemnisation, elle, peut ne pas être due. Il est donc prudent de vérifier votre situation avant de planifier votre absence, afin d’anticiper son incidence sur vos revenus.

Une fois la question financière clarifiée, encore faut-il savoir qui peut prétendre à ce congé.

Qui peut en bénéficier et dans quel délai ?

Chaque parent a droit à ce congé supplémentaire de naissance. Il n’est pas réservé à l’un ou à l’autre : les deux parents peuvent en bénéficier, dans les conditions prévues par les textes. Le droit est ouvert pour les enfants nés ou adoptés, et le congé doit être pris dans les neuf mois qui suivent la naissance ou l’adoption de l’enfant.

Ce délai de neuf mois est important : il s’agit d’une fenêtre à ne pas laisser passer. Si vous souhaitez utiliser ce droit, mieux vaut anticiper votre demande et la situer dans cette période, en tenant compte du délai de prévenance d’un mois à respecter vis-à-vis de votre employeur.

Une dernière question mérite d’être éclaircie : à partir de quand ce nouveau congé peut-il réellement être pris ?

À partir de quand le congé s’applique-t-il ?

Le congé supplémentaire de naissance entre en application le 1er juillet 2026. Il concerne les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026, ainsi que les enfants dont la naissance était prévue à compter de cette date.

Une précision utile pour les naissances du début d’année : pour les enfants nés entre le 1er janvier et le mois de juin, c’est à compter du 1er juillet 2026 que court le délai pour faire valoir vos droits auprès de votre employeur. Vous disposez alors de la période de neuf mois pour organiser et prendre ce congé. Là encore, un point précis sur votre date de naissance ou d’adoption et sur votre calendrier permet d’éviter de perdre le bénéfice de ce droit.

Conclusion

Le congé supplémentaire de naissance offre aux parents un temps supplémentaire auprès de leur enfant, d’une durée d’un à deux mois, indemnisé à 70 puis 60 % du salaire de référence, sous réserve d’avoir suffisamment cotisé. Ouvert à chaque parent, soumis à un délai de prévenance d’un mois et à prendre dans les neuf mois de la naissance ou de l’adoption, il s’applique à compter du 1er juillet 2026 pour les enfants concernés depuis le 1er janvier 2026.

La vraie question n’est donc pas seulement de savoir si vous y avez droit, mais d’anticiper votre demande, de vérifier votre condition d’affiliation et de situer le congé dans la bonne fenêtre. Chaque situation familiale étant particulière, un point précis avant de vous engager reste le réflexe le plus utile.

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