Germain-Phion & Jacquemet
Défense des salariés

La rupture conventionnelle va-t-elle disparaître ?

Actualité publiée le 06/01/2026

La rupture conventionnelle reste un choix privilégié en entreprise malgré l’augmentation probable de la contribution patronale à 40 %.

La rupture conventionnelle s’est imposée comme un outil incontournable de gestion des ressources humaines. Prisée tant par les employeurs que par les salariés, elle permet de rompre un contrat de travail à l’amiable, dans un cadre juridique sécurisé. En 2024, plus de 500 000 ruptures conventionnelles ont été signées, témoignant de son enracinement dans les pratiques professionnelles. Cet article s’adresse à toute personne souhaitant comprendre les implications actuelles et futures de ce dispositif, notamment au regard de la hausse annoncée de la contribution patronale.

Un mécanisme ancré dans la pratique professionnelle

Avant d’aborder les évolutions possibles, il convient de rappeler les fondements de ce mode de rupture.

Un consentement mutuel encadré

La rupture conventionnelle repose sur un accord librement consenti entre le salarié et l’employeur. Elle permet d’éviter les tensions et les risques de contentieux liés à un licenciement ou à une démission, tout en offrant un accès aux allocations chômage pour le salarié.

Une procédure juridiquement sécurisée

Ce mode de rupture ne peut être contesté que dans des conditions strictes et dans un délai d’un an. Cela constitue une garantie de stabilité juridique, tant pour l’employeur que pour le salarié.

Le coût de la rupture conventionnelle pour l’employeur

La rupture conventionnelle implique des obligations financières spécifiques pour l’entreprise.

Le versement d’une indemnité minimale

L’employeur doit verser au salarié une indemnité au moins équivalente à l’indemnité légale de licenciement. Ce versement conditionne la validité de la rupture.

Une contribution additionnelle à l’Urssaf

En plus de cette indemnité, l’employeur est tenu de verser une contribution forfaitaire à l’Urssaf. Actuellement fixée à 30 % de l’indemnité versée, cette contribution n’est pas versée au salarié mais directement à l’organisme social. Elle s’applique dans la limite d’un plafond de 94 000 euros.

Une contribution en voie d’augmentation à 40 %

À l’heure actuelle, une réforme est en préparation visant à porter cette contribution à 40 %. Ce changement pourrait modifier les arbitrages financiers des entreprises.

Un possible frein à l’utilisation du dispositif

Une hausse de 10 points de la contribution pourrait constituer un surcoût dissuasif, en particulier pour les petites structures. Cela risque de remettre en question certains projets de rupture conventionnelle.

Un intérêt persistant pour les employeurs

Malgré ce surcoût, la rupture conventionnelle demeure avantageuse pour les employeurs qui ne disposent pas de motifs solides pour justifier un licenciement. Elle leur permet de « payer la paix », en évitant les procédures longues et aléatoires.

Synthèse

La rupture conventionnelle reste un levier central dans la gestion des séparations à l’amiable en entreprise. L’augmentation de la contribution patronale annoncée ne devrait pas remettre en cause son attractivité, tant les avantages juridiques et pratiques pour les deux parties demeurent importants. Toutefois, il conviendra de suivre de près l’évolution de la réglementation et ses conséquences sur les pratiques futures.

 

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